Environnement au Burkina Faso – Mihity, une forêt « classée » en passe d’être détournée

Mihity, sacrée « zone humide d’importance internationale » par la convention Ramsar, est en passe d’échapper à son statut d’aire protégée. Cette situation est née du laxisme de l’administration publique burkinabè. En effet, un agriculteur, Adama Nana, de par sa témérité, a su détourner cette zone d’intérêt public, en un simple champ de culture. Depuis 2008, une menace plane sur cette forêt et les autorités administratives peinent à prendre la décision à même de la protéger. Zoom sur un feuilleton juridico-administratif et coutumier qui met à rude épreuve l’autorité de l’Etat.

Par Abdoul Salam OUARMA.

Publié 3. avril 2003 dans Sidwaya.

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Mendicité des fausses mères de jumeaux – escroquerie, usurpation de titre et violation des droits

La mendicité des fausses mères de jumeaux prend de l’ampleur dans les grandes villes du Burkina Faso. Au mépris du droit des enfants à une vie épanouie à la scolarisation, au respect de la personne humaine, des femmes empruntent des bambins pour mendier. Pour comprendre ce phénomène que la loi, la religion et la tradition interdisent, nous avons passé des jours et des nuits aux côtés de ces praticiennes dans les zones non loties des villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Quelles conséquences pour ces enfants devenus des «objets» de commerce ? Pourquoi les autorités politiques, religieuses et coutumières ont du mal à mettre un terme à cette pratique condamnée par tous ? Immersion dans un univers où des innocents sont privés de leurs droits.

Par Daouda Emile OUEDRAOGO

Publié le 24. janvier 2013 dans Sidwaya.

Lire l’enquête en PDF Mendicité des fausses mères de jumeaux – Escroquerie, usurpation de titre et violation des droits.

Lire l’article online De faux jumeaux pour une vraie manche.

Pourquoi les peuls nomades n’envoient pas leurs enfants à l’école ?

Le Burkina connait un taux de scolarisation assez faible, environ 40% de la population. Mais ce taux est encore plus faible chez les populations nomades. Pourquoi cette communauté continue t-elle à bouder l’école ? Y’a-t-il des efforts au niveau de l’état pour prendre en compte les spécificités de cette population ? C’est ce à quoi tente de répondre cette enquête.

Les communautés peuls éleveurs, essentiellement des musulmans, ont longtemps considéré l’école comme un instrument de propagation de la religion catholique. Au début de la colonisation, les premières écoles étaient sous la coupe des missionnaires catholiques. Ensuite l’école n’était pas adaptée au pastoralisme, une activité qui exige des déplacements fréquents en raison des saisons à la recherche de vertes pâturages pour le troupeau.

Avec les indépendances qui ont induit les frontières et l’augmentation de la population africaine, dont la majorité vit et travail dans l’agriculture, l’espace de pâturage s’est réduit. Les peuls éleveurs ont commencé à rencontrer les premières difficultés. Les déplacements sont rendus difficiles à cause des frontières, l’administration publique des états a commencé à les rançonner. Les peuls ont pris conscience du tort que l’absence de l’éducation (principalement par l’école coloniale) leur cause. Ils veulent maintenant l’école. Mais ils doivent faire face à de nouvelles difficultés. Pour avoir l’école, il faut se sédentariser. Les autres populations leur refusent le droit à la terre. Sans terre pas de sédentarisation. Sans sédentarisation pas d’école. C’est le cercle vicieux dans lequel se trouvent actuellement les populations peules nomades.

Par Karim Bahadio.

Diffusé en français 23. janvier 2013 à 20h30 á Radio Municipale de Ouagadougou et plusieurs fois après en fulfuldé.

Ecouter l’émission Pourquoi les peuls nomades n’envoient pas leurs enfants à l’école ?

 

Les frontières périlleuses de l’Afrique de l’Ouest – une investigation transnationale

De plus en plus, les frontières ouest-africaines deviennent tristement célèbres pour toutes sortes de crimes perpétrés de part et d’autres des frontières  de la sous-région; le racket et la corruption sont à l’ordre du jour à toutes les frontières dans la région de la CEDEAO. Les frontières de l’Afrique de l’Ouest ont été transformées en des entreprises illicites fort rentables qui assurent des  rentrées des milliers de cedis ghanéen, de naira nigérians et de francs CFA au profit des agents de sécurité qui y sont placés.

Il est inconcevable qu’on puisse traverse n’importe qu’elle frontière en Afrique de l’Ouest de nos jours sans payer de l’argent au aux agents de sécurité. Entre les postes frontaliers d’Aflao (Ghana) et Lomé (Togo), un voyageur doit avoir au moins CFA 5,000 (GH₵25) pour pouvoir passer à l’autre côté. Entre les postes frontaliers d’Elubo et  Noé, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, le voyageur avec un seul bagage a besoin d’environ FCFA 4,500 pour passer à l’autre côté. Idem pour la frontière Ghana – Burkina Faso, entre Paga et Dakola, a révélé cette investigation.

Pour aller de la frontière à Aflao au Ghana à Lomé au Togo le voyageur muni d’un passeport ghanéen paie  1.000 FCFA à chacun des cinq différents points de la partie togolaise de la frontière. Un voyageur avec un passeport francophone paie le même montant à trois au côté ghanéen de la frontière juste pour pouvoir se retrouver à l’autre côté. Il faut être chef d’Etat, président de la République, diplomate et haut fonctionnaire d’Etat pour être dispensé de ce vol manifeste quand on traverse les frontières de l’Afrique de l’Ouest. A part ceux-là, tout le monde est obligé d’obtempérer aux ordres frauduleux des agents de sécurité aux frontières. Le service d’immigration, les douanes, la police et les agents de sécurité nationale sont postés à l’un et l’autre côté des frontières des pays d’Afrique de l’Ouest, et tous pratique le racket sous une forme ou l’autre, a révélé cette investigation.

Par Kwabena Adu Koranteng (Ghana) & Ouamar Abdulai (Burkina Faso).

Publié 4. september 2012 dans le The Crusading Guide.

Lire l’article en français Les frontiéres périlleuses de l’Afrique de l’Ouest.

Lire l’article en anglais Deadly borders of West Africa

et l’article suivant publié 10. september 2012 dans Le Crusading Guide: Togo réagit à l’article « Les frontières périlleuses » ou en anglais Togo government reacts on the article Deadly Borders.

Impact du coton OGM sur la santé – La grosse incertitude

Burkina Faso. Le coton génétiquement modifié est au centre d’une polémique. Certains producteurs pensent que les épidémies et les malformations survenues dans leur région sont liées à la production du coton BT. Le gouvernement et les sociétés cotonnières démentent. Ils crient à la manipulation et à une campagne de sabotage. Dans le doute, les scientifiques s’abstiennent ou appellent à la prudence.

Par Abdoul Razac Napon

Publié dans l’Evénement du 25 janvier 2012.

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Quand les « agrobusinessmen » chassent les producteurs traditionnels

La compétition sur le foncier rural prend une tournure inquiétante au Burkina Faso. Jusque là épargné par le phénomène, le pays doit faire face à une situation qui peut déstabiliser la paix sociale. C’est la politique gouvernementale de promotion des agrobusinessmen qui est à la base du problème.
Le gouvernement pense que ces nouveaux acteurs seront mieux à même d’aider le pays à atteindre la sécurité alimentaire. Cette nouvelle politique ignore les droits des paysans sans terre. Jusque là, la loi sur le foncier, la RAF 1984, adopté sous la révolution de Thomas Sankara favorisait les paysans qui avaient la possibilité de devenir propriétaire, en occupant et en mettant en valeur de façon continue la terre rurale. La nouvelle loi sur le foncier rural adopté en 2008 spolie les paysans sans terre. L’enquête de Idrissa Barry menée dans une des provinces du Burkina Faso, qui a encore des terres propices à l’agriculture montre le drame de ces paysans abandonnés à eux-mêmes. L’enquête a durée de janvier à septembre 2011. C’est dans la province du ZIRO, à 100 kilomètres environ au sud de Ouagadougou, la capitale politique du pays.

Par Idrissa Barry

Publié 10 décembre 2011 dans L’Evénement.

Lire les articles  « Un lopin de terre sème la discorde dans la commune » et « Quand les agrobusiness chassent les producteurs tradionnels« 

Écoles sans écolières au Sourou – l’exode rural se féminise

Au Burkina on parle beaucoup de la promotion de la femme et de la jeune fille. Dans ce même pays, des milliers de petites filles sont contraintes chaque année, de quitter l’école pour devenir des domestiques. Cet exode a fait naitre des réseaux qui se disent philanthrope, mais en réalité, vivent et commercent de cette détresse humaine. Les services publics sont bien au courant et se disent impuissants. Rachelle Somé, journaliste à radio Pulsar a enquêté pendant six mois autour de ce phénomène en suivant l’itinéraire de ces filles de leur village  (du Sourou, une des 45 provinces du Burkina Faso) à la capitale Ouagadougou. Voyage au cœur d’une maltraitance acceptée.

Par Rachelle Somé.

Diffusé 16 septembre 2011 à 11h sur Radio Pulsare.

Écouter l’émission Écoles sans écolières au Sourou – l’exode rural se féminise.