Pourquoi les peuls nomades n’envoient pas leurs enfants à l’école ?

Le Burkina connait un taux de scolarisation assez faible, environ 40% de la population. Mais ce taux est encore plus faible chez les populations nomades. Pourquoi cette communauté continue t-elle à bouder l’école ? Y’a-t-il des efforts au niveau de l’état pour prendre en compte les spécificités de cette population ? C’est ce à quoi tente de répondre cette enquête.

Les communautés peuls éleveurs, essentiellement des musulmans, ont longtemps considéré l’école comme un instrument de propagation de la religion catholique. Au début de la colonisation, les premières écoles étaient sous la coupe des missionnaires catholiques. Ensuite l’école n’était pas adaptée au pastoralisme, une activité qui exige des déplacements fréquents en raison des saisons à la recherche de vertes pâturages pour le troupeau.

Avec les indépendances qui ont induit les frontières et l’augmentation de la population africaine, dont la majorité vit et travail dans l’agriculture, l’espace de pâturage s’est réduit. Les peuls éleveurs ont commencé à rencontrer les premières difficultés. Les déplacements sont rendus difficiles à cause des frontières, l’administration publique des états a commencé à les rançonner. Les peuls ont pris conscience du tort que l’absence de l’éducation (principalement par l’école coloniale) leur cause. Ils veulent maintenant l’école. Mais ils doivent faire face à de nouvelles difficultés. Pour avoir l’école, il faut se sédentariser. Les autres populations leur refusent le droit à la terre. Sans terre pas de sédentarisation. Sans sédentarisation pas d’école. C’est le cercle vicieux dans lequel se trouvent actuellement les populations peules nomades.

Par Karim Bahadio.

Diffusé en français 23. janvier 2013 à 20h30 á Radio Municipale de Ouagadougou et plusieurs fois après en fulfuldé.

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