Quand les « agrobusinessmen » chassent les producteurs traditionnels

La compétition sur le foncier rural prend une tournure inquiétante au Burkina Faso. Jusque là épargné par le phénomène, le pays doit faire face à une situation qui peut déstabiliser la paix sociale. C’est la politique gouvernementale de promotion des agrobusinessmen qui est à la base du problème.
Le gouvernement pense que ces nouveaux acteurs seront mieux à même d’aider le pays à atteindre la sécurité alimentaire. Cette nouvelle politique ignore les droits des paysans sans terre. Jusque là, la loi sur le foncier, la RAF 1984, adopté sous la révolution de Thomas Sankara favorisait les paysans qui avaient la possibilité de devenir propriétaire, en occupant et en mettant en valeur de façon continue la terre rurale. La nouvelle loi sur le foncier rural adopté en 2008 spolie les paysans sans terre. L’enquête de Idrissa Barry menée dans une des provinces du Burkina Faso, qui a encore des terres propices à l’agriculture montre le drame de ces paysans abandonnés à eux-mêmes. L’enquête a durée de janvier à septembre 2011. C’est dans la province du ZIRO, à 100 kilomètres environ au sud de Ouagadougou, la capitale politique du pays.

Par Idrissa Barry

Publié 10 décembre 2011 dans L’Evénement.

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