Qui dit pétrole, dit déversement

Les déversements de pétrole peuvent être évités, mais ils sont, semble-t-il, un aspect inéluctable des opérations d’exploration pétrolières  offshore, tel qu’on peut le constater à travers le monde. Le Ghana est-il prêt à faire face à une quelconque catastrophe?

Par Georgina Otoo.

Publié 18. décember 2012 sur ModernGhana.com.

Lire l’article en anglais online Where there is oil; there is spillage.

Ce projet intitulé « Qui dit pétrole, dit déversement » est une investigation sans complaisance qui examine l’état de préparation du Ghana pour éviter un déversement de pétrole en haute mer, qui représente un danger pour les communautés et les écosystèmes côtiers.  L’article examine les dégâts causés dans certaines communauté du littoral et explique les efforts que mènent en commun les sociétés pétrolières pour pallier à toute calamité en temps de déversement de pétrole. L’article pose un certain nombre de questions pour savoir dans quelle mesure des politiques nécessaires, des  mécanismes de surveillance et de réglementation, en particulier des mesures prenant en compte l’environnement ont été mis en place pour répondre efficacement à tout sinistre pétrolier.

Nous examinons également les lois de l’Etat sur la pollution marine ainsi que les mesures d’indemnisation des communautés sinistrées.

L’on s’attend à ce que la découverte du pétrole en quantité commerciale au Ghana en 2007 et le commencement de la production en 2010 auront un impact positif sur l’économie du pays.

Les déversements de pétrole constituent des catastrophes environnementales graves, qui produisent souvent d’importants impacts à long terme sur l’écologie et les domaines d’activités économiques d’une localité.  Les activités d’exploration et de découverte au large de l’ouest du Cap Trois Points et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest tels que le Liberia et la Sierra Leone, ont augmenté le risque de déversement du pétrole. Une étude récente qui a porté sur 550 kilomètres du littoral du pays a permis de déterminer la diversité écologique  et les activités économiques qui vont bon train le long de la côte, où sont implantées d’importantes villes très peuplées, a révélé que le pays est à risque et les zones à haut risque ont été identifiées. L’étude préliminaire fut entreprise aussi tôt qu’en 1989, avec l’assistance de l’Organisation maritime internationale (OMI), en vue d’évaluer le niveau de risque du pays. Les conclusions ont mené à la conception des plans d’urgence par les institutions partenaires, dont l’Autorité maritime du Ghana (GMA), la Direction des ports du Ghana  (GPHA), l’Office nationale du pétrole du Ghana (GNPC) et l’Agence de protection de l’environnement (EPA).

En novembre 2011, une quantité importante de pétrole qui aurait été déversée par une société pétrolière fut repérée le long de la côte dans le district de l’Ouest  Ahanta en région de l’Ouest. La nappe de pétrole qui s’étendait sur  8,000 mètres et fut détectée par les populations riveraines s’est progressivement déplacée vers la côte. Cela a privé de centaines de riverains et de touristes de l’accès aux plages. La vie des mammifères marins a été touchée étant donné que des poissons morts ont été rejetés sur les plages.. Des membres des communautés affirment avoir vu une vaste nappe de  pétrole sur la mer dans l’après-midi. Quand la marée haute a ramené une partie de la nappe sur la plage, ils se sont aperçus que c’était du pétrole léger brut qui provenait soit d’une société pétrolière, soit d’un navire pétrolier. Tout minimes qu’ont été les effets de ce déversement par rapport à d’autres, ils ont longtemps marqué les esprits des populations du littoral et de l’ensemble de la zone. Les critiques ont exprimé des inquiétudes par rapport à ce qu’ils considèrent comme des lacunes dans les régimes juridiques nationaux et internationaux .relatifs au déversement du pétrole dans le pays Sans doute, il n’existe actuellement aucune législation intégrée sur la pollution au Ghana. La surveillance de la pollution existe dans le contexte de la législation sur l’environnement et les ressources en eau.

Les opérateurs sur les champs pétroliers Jubilee ont donné les assurances qu’ils ont en place du matériel adéquat et des agents bien encadrés qu’ils pourront déployer pour sauver les zones côtières en cas de déversement de pétrole, ayant identifié  76 localités sensibles.

Les régimes d’indemnisation pour les dégâts environnementaux aux Ghana laissent beaucoup à désirer. Le projet de loi portant exploration et production de pétrole doit prendre cela en compte dans des amendements relatifs à la formule d’indemnisation avec un accent particulier sur les coûts d’assainissement de l’environnement. Par contre, le projet de loi peut prévoir une formule d’allocation des indemnisations pour approbation par le Parlement. Il y a besoin d’une action concertée en matière de développement de ressources humaines et de sensibilisation dans le secteur, en particulier pour les populations côtières. Il conviendrait d’accélérer les processus d’urgence ainsi que les dispositifs pour le traitement et l’élimination de déchets dangereux.